La diplomatie digitale pour les nuls : introduction

Merci de partager cet article !

 

 

 

Chaque jour qui passe, on a de plus en plus l’impression qu’internet est un vaste chantier qui n’en finit pas d’être exploré et exploité. Les applications de la vie réelle à la toile se dévoilent un peu plus chaque jour, au point où, même dans les sphères les plus élevées de notre société, on parle aujourd’hui de marketing digital, de communication digitale, et même de diplomatie digitale... Plongeons-nous dans cette notion "nouvelle" que j'explore avec Christian MBOU, avec qui je co-écris cet article.

 

Paul Emmanuel NDJENG.


La diplomatie digitale, à notre heure, semble encore être une grande inconnue, et plus spécifiquement en Afrique. Cet article est le premier d’une série. Le but n’est pas de t’expliquer en détail ce que c’est. Il s’agit plutôt pour nous, de démontrer la place de plus en plus grandissante qu’elle occupe dans nos vies, à notre insu. Il nous semble nécessaire de jeter quelques bases pour l’utilisateur lambda des réseaux sociaux, afin de montrer comment on promeut une idée, un concept, une politique, un produit, etc.

Des préliminaires opportuns

On a commencé à parler de « diplomatie digitale » aux lendemains des Printemps Arabes en Afrique. Certains chercheurs, l’instar de Ilan MANOR[1], n’ont pas manqué de lui donner une année de naissance avec le mouvement du 17 décembre 2010 à Tunis, Tunisie. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’avec la grosse crise politique survenue dans le monde Arabe, dont les Etats étaient de véritables scandales pétrolifères, les populations ont réclamé des réformes qui ont considérablement modifié le paysage politique international.

 

Sans aller trop loin dans l’explication géopolitique, relevons que ce que réclamaient les populations de ces Etats (sauf les Qataris), c’était une redistribution des revenus du pétrole, la fin de la famine et surtout de quitter le marasme économique, en créant des emplois notamment, à cause la mauvaise gouvernance. Si un nouvel équilibre semble se mettre en place, ce vaste mouvement affectant le Moyen Orient et l’Afrique du Nord a redistribué les cartes économiques, sociales et diplomatiques (échanges sur la carte mondiale).

 

Bien que la situation de certains Etats puisse être décrite comme précaire, dans les couloirs de l’ONU notamment, le phénomène a été étudié avec un vif intérêt et tout le monde s’accorde à dire que les média ont joué un rôle plus qu’important dans ce mouvement des populations, via internet notamment.

 

Voyons donc comment / à quel point la toile a eu à « porter » ces mouvements.


[1] Manor, I. (2017, August). The Digitalization of Diplomacy: Toward Clarification of a Fractured Terminology. Working Paper. Exploring Digital Diplomacy.

 

Pourquoi les réseaux sociaux ont-ils une telle importance désormais ?

Outre le fait que les réseaux sociaux « numériques » ne sont qu’une forme extension des réseaux sociaux qu’on pourrait définir comme « normaux » et se situant dans l’environnement physique, ils sont un support puissant pour véhiculer et porter des valeurs, influencer des décisions.

 

La diplomatie traditionnelle a quitté les sentiers battus des couloirs des ministères et des lignes téléphoniques pour s’exercer davantage sur internet. A ce titre, on peut affirmer que twitter et facebook, réseaux sociaux qui regroupent le plus d’utilisateurs au monde, sont les vecteurs principaux de ce qu’on a nommé « diplomatie digitale ». Ce qui avait commencé comme une expérience sociale ponctuelle est donc devenu le moyen le plus probant de véhiculer des faits et contre- vérités, des idéaux, des politiques, de vendre des concepts et de promouvoir des produits.

 

Les politiques ont quitté le domaine des débats radiophoniques et télévisés pour s’aventurer au plus près de leurs cibles. Ce phénomène est facilement explicable : avec les milliards de téléphones intelligents en service dans le monde, les dirigeants politiques n’ont plus vraiment le choix.  Le « tout numérique » continue à prendre place dans nos vies comme jamais. Ce faisant, ils (les hommes politiques) ont cessé de se mettre à nos pieds pour être littéralement… dans nos mains !

 

Ce qu’on veut dire, c’est que les appareils connectés, c’est toi et moi qui les utilisons. Les pouvoirs publics l’ont compris, les entreprises l’ont saisi, et nous, nous en jouons encore. Et pourtant, tout n’est pas que parade !

 

La vie c'est le marketing

Oui, c’est dit.

 

Qui que l’on soit, quoi que l’on fasse, on vend. On vend une image, on vend des valeurs, on se vend, on ne fait que vendre, on continue de vendre. On communique, on charme, on convainc, on essaye de se faire des alliés. On fédère autant qu’on peut autour d’un produit, d’un mouvement, qui nous profite. D’ailleurs, il y a encore ce tweet de la Banque Mondiale qui souligne l’importance du branding digital :

 

« Les #RéseauxSociaux réussissent à unir les gens pr dénoncer ce qu’ils n’aiment pas. Explorons cette voix pour un engagement + positif »

 

En 140 caractères (à l'époque), sur twitter, on réussit à rappeler les enjeux des réseaux sociaux, eux qui sont au plus près de la cible. Ceux-ci utilisent son langage et créent ainsi des communautés numériques, accessibles en un clic et qu’on peut littéralement toucher du doigt. C’est ainsi que se développent des relations de confiance, faisant fi des distances, et que les relations d’influenceur/influencé reprennent leur sens et sont même amplifiées.

 

Conclusion

En guise de rappel, cet article est le premier d’une série sur la diplomatie digitale. Nous avons parlé de « diplomatie digitale pour les nuls » pour te rappeler que peu importe où nous nous trouvons, du fait de l’usage que nous avons des appareils connectés, nous sommes sous influence des uns et nous manipulons les autres grâce à la communication sur internet.

 

Ce n'est évidemment pas pour te traiter de nul, toi qui nous lis. Evidemment pas ! ^_^

 

Les termes utilisés pour cet article pourraient sembler « sortir d’un autre registre » par rapport à ce qui est souvent produit ici, mais comme pour toute chose nouvelle, on prend la peine d’apprendre, et de s’habituer.

 

Nous n’en sommes qu’au début, alors allons-y à cœur joie !

 

Cet article t’interroge ? Tu as des questions ? N’oublie pas de les partager avec nous !

Écrire commentaire

Commentaires : 2
  • #1

    lydia (vendredi, 19 janvier 2018 10:38)

    Juste ce qu'il nous fallait...nous camerounais...hâte de lire les autres billets

  • #2

    Paul Emmanuel NDJENG (vendredi, 19 janvier 2018 10:50)

    Merci d'avoir pris la peine de nous lire Lydia. C'est toujours un plaisir de te lire en commentaires. A très bientôt ! ^_^